QUE TROUVEREZ-VOUS DERRIÈRE LA PORTE ?



Vous trouverez du coeur, du bonheur, de la colère aussi parfois...

Vous trouverez de bonnes et belles choses pour les papilles et les yeux...

Vous trouverez des mots, les miens et ceux des autres...

Vous trouverez de très étranges univers, des mondes imaginaires, de la folie...

Vous trouverez le passé, les légendes, les coutumes de nos terroirs et des peuples lointains...

Vous trouverez mon univers, mes proches, mes compagnons à 4 pattes...

Vous trouverez... MOI... et c'est tellement de choses que je vous les laisse découvrir par vous-même...

Poussez la porte.....

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mercredi 18 avril 2012

RECITATIONS...3



Ouh la la !! Je me souviendrai de ce mois d'Août !!
Non contente d'avoir des visites à tire-larigot, plus une seconde à moi pour mes amis blogueurs, il a fallu que je me mette en tête de refaire mon salon !!
Et bien sur...j'ai dû ôt
er le papier peint !! Il m'a fallu toute la semaine pour y parvenir !! C'était du travail de pro !! Reste à tout peindre à présent...mais c'est juré je serai moins fainéante en septembre !!
Voici quelques récitations....pour vous faire attendre...

                 ***********************


Ah, je l'ai chanté à tue tête celle là, et je peux vous dire qu'elle est très fatigante pour la respiration !!




http://cliparts.toutimages.com/
"En sortant de l'école de Jacques Prévert

En sortant de l'école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré
Tout autour de la terre
nous avons rencontré
la mer qui se promenait
avec tous ses coquillages
ses îles parfumées
et puis ses beaux naufrages
et ses saumons fumés
Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le Japon
et les trois mousquetaires
des cinq doigts de la main
tournant ma manivelle
d'un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins

Revenant sur la terre
nous avons rencontré
sur la voie de chemin de fer
une maison qui fuyait
fuyait tout autour de la Terre
fuyait tout autour de la mer
fuyait devant l'hiver
qui voulait l'attraper
Mais nous sur notre chemin de fer
on s'est mis à rouler
rouler derrière l'hiver
et on l'a écrasé
et la maison s'est arrêtée
et le printemps nous a salués
C'était lui le garde-barrière
et il nous a bien remerciés
et toutes les fleurs de toute la terre
soudain se sont mises à pousser
pousser à tort et à travers
sur la voie du chemin de fer
qui ne voulait plus avancer
de peur de les abîmer
Alors on est revenu à pied
à pied tout autour de la terre
à pied tout autour de la mer
tout autour du soleil
de la lune et des étoiles
A pied à cheval en voiture
et en bateau à voiles."


                                            *********************************


j'adore celle là...elle est charmante...


 


"L'école", de Jacques charpentreau
"Dans notre ville, il y a
Des tours, des maisons par milliers,
Du béton, des blocs, des quartiers,
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans mon quartier, il y a

Des boulevards, des avenues,
Des places, des ronds-points, des rues
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans notre rue, il y a

Des autos, des gens qui s'affolent,
Un grand magasin, une école,
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans cette école, il y a

Des oiseaux chantant tout le jour
Dans les marronniers de la cour.
Mon coeur, mon coeur, mon coeur qui bat
Est là."




                 ************************************




Je me souviens d'un vieux cartable qui ressemblait à celui-là...et me faisait honte car il n'était pas du tout à la mode !!







 


"Mon cartable", de Pierre Gamarra

"Mon cartable a mille odeurs.

Mon cartable sent la pomme,
Le livre, l’encre, la gomme,
Et les crayons de couleurs.

Mon cartable sent l’orange,

Le buisson et le nougat.
Il sent tout ce que l’on mange
Et ce qu’on ne mange pas.

La figue et la mandarine,

Le papier d’argent ou d’or,
Et la coquille marine,
Les bateaux sortant du port.

les cow-boys et les noisettes,

la craie et le caramel,
les confettis de la fête,
les billes remplies de ciel


Les longs cheveux de ma mère

Et les joues de mon papa,
Les matins dans la lumière,
La rose et le chocolat."

               **********************************


encore un joli texte de Monsieur Prévert, "Page d'écriture" ...oui, je sais...c'est encore Prévert, mais je l'aime, et quand on aime...


http://caval.unblog.fr/

"Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit seize...
Répétez ! dit le maître
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize
Mais voilà l'oiseau-lyre
qui passe dans le ciel
l'enfant le voit
l'enfant l'entend
l'enfant l'appelle :
Sauve-moi
joue avec moi
oiseau !
Alors l'oiseau descend
et joue avec l'enfant
Deux et deux quatre...
Répétez ! dit le maître
et l'enfant joue
l'oiseau joue avec lui...
Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu'est-ce qu'ils font ?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente-deux
de toute façon
et ils s'en vont.
Et l'enfant a caché l'oiseau
dans son pupitre
et tous les enfants
entendent sa chanson
et tous les enfants
entendent la musique
et huit et huit à leur tour s'en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un à un s'en vont également.
Et l'oiseau-lyre joue
et l'enfant chante
et le professeur crie :
Quand vous aurez fini de faire le pitre !
Mais tous les autres enfants
écoutent la musique
et les murs de la classe
s'écroulent tranquillement.
Et les vitres redeviennent sable
l'encre redevient eau
les pupitres redeviennent arbres
la craie redevient falaise
le porte-plume redevient oiseau."

 




               


                                                            *********************************

Un dernier, très joliment fait, parce qu'il ne faut pas être toujours sérieux!











"Ponctuation" de Maurice Carême

"Ce n'est pas pour me vanter,
Disait la virgule,
Mais, sans mon jeu de pendule,
Les mots, tels des somnambules,
Ne feraient que se heurter.
C’est possible, dit le point.
Mais je règne, moi,
Et les grandes majuscules
Se moquent toutes de toi
Et de ta queue minuscule.
Ne soyez pas ridicules,
Dit le point-virgule,
On vous voit moins que la trace
De fourmis sur une glace.
Cessez vos conciliabules.
Ou, tous deux, je vous remplace !"


                    ************************************

Je vous souhaite un bon week-end....et une bonne fin de ce mois d'Août si riche en émotions....

RECITATIONS...2



Vous avez aimé les récitations de notre enfance, alors je continue...
Il faut avouer que c'est bien sur par plaisir, mais aussi par facilité...je n'ai pas le temps de rédiger un article plus fouillé...mais je tiens tout de même à faire vivre mon blog...un peu...durant ce mois d'Août fort mouvementé !!!
Je veux aussi vous dire que je ne vous oublie pas...je visiterai vos blogs dès que j'aurai un instant, vous me manquez...mais je profite à fond des visites car voyez-vous, il y a très longtemps que je n'avais pris autant de plaisir !!!


                                     ******************
Tout d'abord deux poésies champêtres...

http://chezmagnifique.centerblog.net/
"LA CHEVAUCHEE

Certains, quand ils sont en colère,
Crient, trépignent, cassent des verres...
Moi, je n'ai pas tous ces défauts :
Je monte sur mes grands chevaux.

Et je galope, et je voltige,
Bride abattue, jusqu'au vertige
Des étincelles sous leurs fers,
Mes chevaux vont un train d'enfer.

Je parcours ainsi l'univers,
Monts, forêts, campagnes, déserts...
Quand mes chevaux sont fatigués,
Je rentre à l'écurie - calmé."

Jacques CHARPENTREAU


 


http://noisette80.centerblog.net/


 "LA CLE DES CHAMPS
 
On a perdu la clé des champs!
Les arbres, libres, se promènent,
Le chêne marche en trébuchant,
Le sapin boit à la fontaine.

Les buissons jouent à chat perché,
Les vaches dans les airs s'envolent,
La rivière monte au clocher
Et les collines cabriolent.

J'ai retrouvé la clé des champs
Volée par la pie qui jacasse.
Et ce soir au soleil couchant
J'aurai tout remis à sa place.
"

Jacques CHARPENTREAU



Et un classique qui sent toujours aussi bon l'amour...




http://la-fee-patricia.fr/

 "MIGNONNE ALLONS VOIR SI LA ROSE...
 
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil
A point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! Voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las ! las ! ses beautés laissé choir !
O vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté."

Pierre de Ronsard



Un hymne à la mer tant aimée...

 


http://www.icone-gif.com/
"ODE

Les zéphyrs se donnent aux flots,
Les flots se donnent à la lune,
Les navires aux matelots,
Les matelots à la fortune.
Tout ce que l'Univers conçoit
Nous apporte ce qu'il reçoit,
Pour rendre notre vie aisée;
L'abeille ne prend point du ciel
Les doux présents de la rosée
Que pour nous en donner le miel.
Les rochers qui sont le tableau
Des stérilités de Nature,
Afin de nous donner de l'eau
Fendent-ils pas leur masse dure?
Et les champs les plus impuissants
Nous donnent l'ivoire et l'encens;
Les déserts les plus inutiles
Donne415*nt de grands titres aux rois,415
Et les arbres les moins fertiles
Nous donnent de l'ombre et du bois."

Théophile de Viau

Paroles dures pour des enfants et pourtant...


http://biblio.alloprof.qc.ca/

"LES CONQUERANTS

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit en ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond des océans des étoiles nouvelles."
José Maria de Hérédia

Et pour terminer, celui que je préfère car il ne ressemble...à rien !

 

http://www.decitre.fr/livres/

"LE HARENG SAUR

Il était un grand mur blanc-nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle-haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur-sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains-sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou-pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle-gros, gros, gros,

Alors il monte à l'éch
elle-haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu-toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc-nu, nu, nu.

Il laisse le marteau-qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle-longue, longue, longue,
Et, au bout le hareng saur-sec, sec, sec.

Il redescend de l'échelle-haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau-lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs-loin, loin, loin.

Et depuis, le hareng saur-sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle-longue, longue, longue,
Très lentement se balance-toujours, toujours, toujours.

J'ai composé cette histoire-simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens-graves, graves, graves,
Et amuser les enfants-petits, petits, petits."

CHARLES CROS

Bonne fin de semaine....

RECITATIONS...1



En relisant Prévert l'autre jour, je me suis souvenue de ces belles récitations que j'avais tant de mal à apprendre autrefois....c'est sur, je suis une lectrice assidue...mais ma mémoire flanche souvent...retenir un texte ou une chanson est toujours une bataille pour mon cerveau..et pourtant, je chante !
Cela m'a donné envie de relire ces "cahiers de récitations et de chansons" que j'entassais dans mes affaires d'écolières...
Souvenez-vous avec moi...aujourd'hui, des textes sur les animaux...

Pour retenir la rêgle de grammaire..













"les hiboux" de Robert Desnos

"Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les tenant sur les genoux.
Leurs yeux d’or valent des bijoux,
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !
Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane bambou ?
A Moscou ? Ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Hou ! Hou !
Pas du tout, c’était chez les fous."
 





 










Et encore une petite de Prévert, "les animaux ont du souci"
 
"Le pauvre crocodile n'a pas de C cédille
On a mouillé les L de la pauvre grenouille
Le poisson scie
A des soucis
Le poisson sole
Ca le désole

Mais tous les oiseaux ont des ailes
Même le vieil oiseau bleu
Même la grenouille verte
Elle a deux L avant le E

Laissez les oiseaux à leur mère
Laissez les ruisseaux dans leur lit
Laissez les étoiles de mer
Sortir si ça leur plaît la nuit
Laissez les p'tits enfants briser leur tirelire
Laissez passer le café si ça lui fait plaisir

La vieille armoire normande
Et la vache bretonne
Sont parties dans la lande en riant comme deux folles
Les petits veaux abandonnés
Pleurent comme des veaux abandonnés

Car les petits veaux n'ont pas d'ailes
Comme le vieil oiseau bleu
Ils ne possèdent à eux deux
Que quelques pattes et deux queues

Laissez les oiseaux à leur mère
Laissez les ruisseaux dans leur lit
Laissez les étoiles de mer
Sortir si ça leur plaît la nuit
Laissez les éléphants ne pas apprendre à lire
Laissez les hirondelles aller et revenir"



http://www.poesie.net/paulfort.htm



 













Comme j'ai pleuré en chantant ce texte de Paul Fort mis en musique par Brassens, "la complainte du petit cheval blanc" !

"Le petit cheval dans le mauvais temps,
qu'il avait donc du courage !
C'était un petit cheval blanc,
tous derrière et lui devant.

Il n'y avait jamais de beau temps
dans ce pauvre paysage.
Il n'y avait jamais de printemps,
ni derrière ni devant.

Mais toujours il était content,
menant les gars du village,
à travers la pluie noire des champs,
tous derrière et lui devant.

Sa voiture allait poursuivant
sa belle petite queue sauvage.
C'est alors qu'il était content,
eux derrière et lui devant.

Mais un jour, dans le mauvais temps,
un jour qu'il était si sage,
il est mort par un éclair blanc,
tous derrière et lui devant.

Il est mort sans voir le beau temps,
qu'il avait donc du courage !
Il est mort sans voir le printemps
ni derrière ni devant."


 

http://www.gommeetgribouillages.fr/Escargotprojet/







Et toujours Prévert, la chanson des escargots qui vont à l'enterrement...

"A l'enterrement d'une feuille morte

Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le soir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voila le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel
La lune veille sur eux. "





 





















Et notre gentil hérisson sous la plus plume de Maurice Carême, devient tellement attachant...

"Bien que je sois très pacifique,
Ce que je pique et pique et pique
Se lamentait le hérisson.

Je n'ai pas un seul compagnon.
Je suis pareil a un buisson,
Un tout petit buisson d'épines
Qui marcherait sur des chaussons.

J'envie la taupe ma cousine,
Douce comme un gant de velours.
Émergeant soudain des labours

"Il faut toujours que tu te plaignes"
Me reproche la musaraigne.

"Certes, je sais me mettre en boule
Ainsi qu'une grosse châtaigne,
Mais c'est surtout lorsque je roule
Plein de piquants, sous un buisson,
Que je pique et pique et repique
Moi qui suis si si pacifique"
Se lamentait le hérisson."



 









Et l'incontournable "Tamanoir' de Desnos...

"Avez-vous vu le tamanoir ?
Ciel bleu, ciel gris, ciel blanc, ciel noir,
Avez-vous vu le tamanoir ?
Oeil bleu, oeil gris, oeil blanc, oeil noir,
Avez-vous vu le tamanoir ?
Vin bleu, vin gris, vin blanc, vin noir,

Je n'ai pas vu le tamanoir !
Il est rentré dans son manoir
Et puis avec son éteignoir
Il a coiffé tous les bougeoirs :
Il fait tout noir."


Il y en a d'autres...ce sera pour la prochaine fois...il est tellement agréable quand il fait chaud, de se laisser aller à ses souvenirs d'enfance....


MON GRAND COUSIN



Quelles belles surprises nous réservent parfois la vie...
Je sais que j'étais absente ces derniers temps, mais nous avons eu des invités inattendus à la maison..
Mon cousin germain et sa femme, ainsi que leurs deux chiens, ont passé quelques jours avec nous...
Cela faisait bien longtemps depuis la dernière fois où nous les avions vu...il faut dire que mon cousin est un vadrouilleur !!

Depuis tout petit, il voyage..Mon oncle et parrain, le demi-frère de maman, était militaire et toute sa petite famille l'a suivi de Bamako, Mali à Tananarive, Madagascar et de Yaoundé, Cameroun à Trêves, Allemagne...Trêves fut le dernier voyage, beaucoup moins exotique...

Le rêve de mon cousin a toujours été de devenir pompier !!! Et il a franchi tous les obstacles pour y parvenir..malgré une polio et des opérations afin de retrouver la souplesse de ses jambes...il a réussi le concours d'entrée aux Pompiers de Paris...

Il s'est marié avec une charmante institutrice et tous deux, dès qu'ils en ont eu la possibilité, ont choisi aussi l'expatriation...
Ils sont passés par l'Afrique, le Mali...et surtout la Guyane, Kourou..
J'ai vu décoller bien des fusées Ariane grâce à internet !! et visité Cayenne et le Sinnamary...

Vu comme ça, de loin c'est magnifique..mais quand j'entends parler des températures moyennes de 30 degrés -ça encore, ça pourrait aller- et de 80 à 90 % d'humidité !!! là, je suis tout de suite ralentie dans mes désirs de voyage !!
Je serais très vite transformée en fontaine dégoulinante !! Rien de bien agréable quand on veut visiter un peu, je déteste me sentir moite !!
Non...mon rêve à moi reste le Canada...j'aime le froid...et la chaleur des gens !!! Et si en prime je peux ramener dans mes bagages un bucheron Canadien bricoleur...ce serait le paradis !!

Parce que c'est précisément quand un homme habile séjourne chez soi, que l'on se rend compte à quel point c'est pratique, parfois, d'avoir un mari bricoleur !!!
Je plaisante bien sur...quoique....
Mon grand cousin, en quelques jours, a taillé la haie envahissante de mes voisins les boeufs, puis il a dégagé le bas de mon mur afin qu'il sèche et que je puisse refaire l'isolation, il a aussi rebouché toutes les petites fissures sur les murs...une perle !!!
Et il fallait en profiter...parce qu'il repart bientôt pour quelques mois au Liban avec l'ONU...et il parle aussi de l'Afrique ....

Mais il y a les parents qui vieillissent, et que l'on peine à abandonner encore....et les enfants qui vont fonder une famille que l'on voudra voir grandir...repartiront-ils ??? Je parierais bien que oui....l'avenir le dira...
Je ne vous proposerai pas de photos de nos balades...elles sont perdues dans les tréfonds de mon ordinateur...et croyez que ça me désole car il y avait d'excellents clichés de leurs deux adorables chiens et de notre visite émouvante du cimetière Américain de Vierville...Elles referont peut-être surface un jour..avec l'informatique, qui sait !!!
Voilà, je vais essayer de ne plus disparaitre...mais l'été, les visites surprises se succèdent..et dans le fond...j'aime ça !!!
Mais je n'oublie aucun d'entre vous...vous êtes mes voyages à moi...

jeudi 22 mars 2012

JE ME SOUVIENDRAI...



Habitant entre Omaha et Utah Beach, je ne pouvais bien sur ignorer la date du 6 Juin 1944...

Demain, ici, ce sera le grand cirque médiatique, les routes seront bloquées, il sera difficile d'aller rendre hommage aux quelques vétérans qui auront encore une fois fait le déplacement...
Mais, ils savent bien que personne ici n'a oublié le sacrifice de leurs camarades...ni non plus les paquets de bombes qui ont ravagé notre région...mais ceux qui débarqué sur nos plages n'y étaient pour rien...alors...la reconnaissance et l'amitié l'ont emporté sur les rancœurs....

Heureusement, les officiels s'en iront vite..et la vraie fête pourra commencer...celle des gens ordinaires, celle des véritables héros...
Un livre admirable est sorti à l'occasion du 60ème anniversaire du Débarquement : « Paroles du Jour J », on y trouve des lettres de Normands, de GI's, de soldats du Commonwealth, d'Allemands...tous réunis dans le souvenir de ce jour incroyable...






En voici quelques passages...


                         *************************


Lettre de Franz Gockel (10 juin 1944)
"Chers parents, chers frères et soeur
Votre fils, votre frère vous exprime toute son affection ! Je vous salue. Je vais de nouveau bien si l'on laisse de côté ma blessure. J'espère que vous aussi vous allez bien.
Mardi, le 6 juin, il y a eu une attaque sans précédent, une attaque inimaginable, du jamais vu, même en Russie...
À 1 h 30, on a sonné l'alarme : nous avons été bombardés par les Américains aux deux embouchures de la rivière, sur notre droite et sur notre gauche. Nous attendions, angoissés, vigilants, près de nos armes. À l'aube, vers 4 heures, nous avons commencé à deviner la silhouette des premiers gros navires ennemis. À peine les distinguions-nous que des éclairs jaillissaient déjà de leurs canons à une cadence infernale. Bientôt, les premiers obus s'abattirent sur nous dans un vacarme épouvantable. De leur côté, les bombes larguées par les avions n'arrêtaient pas siffler. Il n'y eut bientôt plus un mètre carré de sol qui ne soit touché par les bombes ou par les obus. En moins de cinq minutes, la maison où nous logions était en flammes. J'étais avec ma mitrailleuse dans un abri à quarante mètres de là.
L'abri a d'abord tenu le coup, puis il a été rapidement détruit lorsque les premières péniches de débarquement ont accosté les plages. Le manteau de la mitrailleuse a tout de suite été transpercé par des coups au but. Ensuite, j'ai encore reçu des obus de 7,5 et des grenades, si bien que les parois se sont à moitié effondrées. J'ai réussi à grand-peine à me dégager des gravats et je me suis réfugié dans le boyau de communication. Mon arme était restée dans l'abri. J'y étais à peine retourné que ce dernier fut touché de plein fouet. Je me suis retrouvé à nouveau sous les décombres. J'ai pu quand même m'en extraire tout seul. J'avais un gros éclat d'obus à quelques centimètres de la tête...."

            ************************************

 



Le journal de Michel : récupérer ce qui peut l’être

"Juin 1944 — Je viens d’avoir onze ans (le 3 mai). J’habite à Carentan, à douze kilomètres de Sainte-Mère-Église et à quinze kilomètre de la côte.
Il doit être vers les 5 heures, le matin du mardi 6, quand mes parents me réveillent en raison de la violence et de la proximité accrue des bombardements. J’apprends — les yeux encore ensommeillés
— « qu’ils ont commencé » il y a plusieurs heures mais que cela se rapproche. J’entends aussi ce qui devient le leitmotiv de la journée : « ils ont débarqué. »
Vers 6 heures, cela se rapproche encore — des coups sourds et lointains alternant avec des explosions bruyantes et rapprochées (« des obus de marine », dit mon père — et comme nous sommes vraiment très près de la gare — qui constitue une cible éventuelle -, mes parents décident d’aller se réfugier chez une amie, Mme Letan, rue du Port-au-Vin, à huit cents mètres de là. Il faut dire que la construction, en briques légères, qui abrite — au premier étage au-dessus d’un entrepôt — l’appartement tremble et tangue vraiment sous les coups. Dans le jardin, une tranchée a été creusée le long du mur qui borde la place du Marché aux pommes ; nous nous y réfugions car les bombes — ou les obus — semblent tomber tout près et la place est plongée dans un brouillard de fumée et de poussière. J’ai le temps de voir Gallo, un copain de classe, qui habite une ruelle qui donne de l’autre côté de la place, traverser la place en courant avec ses parents et ses frères et soeurs ; ils viennent s’abriter derrière un mur de jardin voisin du nôtre ; les enfants pleurent : leur
maison a été touchée par une bombe.
Il paraît que «ce sont des torpilles ». Elles sont tombées principalement du côté de la route de Cherbourg, de l’autre côté de Carentan. Plusieurs maisons ont été détruites ; dans l’une d’elles,
une famille complète, les Lamy (les parents et leurs six enfants), a été tuée ; mon père les connaissait : le père travaillait dans la même entreprise que lui. Le maire, le docteur Gaillard, a été tué.
La journée se passe à essayer de récupérer dans les décombres ce qui peut l’être : bien en évidence sur le dessus, ironiquement intact, un jambon de Bayonne ramené par mon père de Saint-Sever-sur-
Adour, où il avait échoué lors de la retraite en juin 1940, et à peine entamé, conservé pour des jours plus sombres ; mon costume de communiant, presque intact lui aussi, dont la perte supposée
me désespérait.........."


******************************

"Nous lançons nos chars à l’eau comme prévu et nous tournons en rond, essayant de pratiquer les manoe
uvres que nous avons apprises à l’entraînement. La mer est trop agitée…
C’est alors que je décide de mettre le cap sur la plage (je ne sais pas nager). Je me dirige vers la plage ; nous sommes à environ quatre kilomètres au large ; le mouillage est très difficile à cause
de la furie du vent.
Dix-neuf chars… Alors que tout semble se passer normalement, je vois derrière moi un char coulé, ensuite deux autres, complètement envahis par les vagues qui montent à une hauteur alarmante ;
je continue mon chemin en crabe ; l’ennemi tire beaucoup à la mitrailleuse mais très peu d’obus de gros calibre. Les mitrailleuses n’ont pas d’autre effet sur un char qu’un crépitement désagréable… Quand mes chenilles touchent le sable, je m’aperçois que sur les dix-neuf chars partis du bateau nous ne sommes plus que quatre ; les autres ont sombré…
Alors commence la tiédeuse tâche de descendre les mines Teller qui jonchent le trajet que je dois parcourir pour approcher ma cible, un blockhaus sur la digue. Les mines sont détruites avec un fusil que je manie debout sur la tourelle. Fils de fer barbelé, asperges de Rommel, chevaux de frise, portes Maginot : tout le barda que l’ennemi a échelonné sur la plage ralentit notre approche mais tant de choses dépendent de nous que nous n’avons pas le temps de songer à notre sécurité individuelle et nous, les quatre chars, savons que nous ne sommes plus nécessaires que jamais à cause de notre nombre réduit…
J’arrive finalement à dix mètres de ma cible ; le blockhaus tire de plus belle mais je suis trop près de lui pour lui offrir une cible : ses obus passent au-dessus de ma tête. Je place deux obus dans la
gueule de canon pour déranger son tir et, faisant le tour de la défense, je défonce la petite porte métallique derrière et engouffre six à huit obus explosifs dans l’écorchure. Les quatorze bonshommes dans le blockhaus sont réduits en bouillie, sur le mur, le plafond, partout…
Je mets le cap sur la Kommandantur immédiatement après avoir défoncé environ seize murs de pierre et je fais prisonniers trente-deux hommes et officiers qui ont autant la trouille que moi. Et
voilà mon entrée dans Courseulles, mon premier contact avec la « doulce France ».

Léo Gariépy


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Journal de Dalmain Estes, 25 ans. Il débarque à Omaha Beach à 7h30

"Nous étions la seconde vague de débarquement… J’ai vu les hommes de la première vague tomber sous le feu des mitrailleuses et des fusils. J’ai vu ce qui s’est passé lorsqu’une péniche de débarquement chargée de chars s’est arrêtée à une trop grande distance de la plage, déchargeant ses chars qui ont tous coulé à pic… J’ai vu les hommes sortis des landing crafts, se débattant dans une eau trop profonde, essayant d’atteindre la terre ferme avant de se noyer…"


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Voilà, à ceux qui habitent ma région, je souhaite une belle journée demain, pleine d'amitié et de fraternité........car si quelque chose de bon doit résister au temps qui passe..c'est bien cela...